Trucs et astuces pour bien vivre son burnout

“Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été.”

– Albert Camus

Parce que rendu à ce point, on sait bien que la prévention est inutile. Combien de fois suis-je tombée sur un site parlant de prévention du burnout alors que j’étais en plein dedans et que je n’avais surtout pas envie de me faire rappeler que j’aurais pu le voir venir. Je voulais de l’encouragement pour l’étape actuelle, celle de la brûlure qui doit guérir. J’ai donc expérimenté certaines stratégies m’aidant à grappiller tout le confort possible dans cet état de mal-être. Certaines habitudes peuvent agir tel du vinaigre sur nos blessures. Considérez ces quelques trucs et astuces comme autant de pansements.

Consulter des professionnels de la santé :

De grâce, ne pas choisir ce moment pour entrer dans une secte. Les psychologues, psychiatres, travailleurs sociaux, médecins et autres professionnels de la santé ne vous promettrons certes pas une formule miracle, mais vous aideront à sortir de ce cauchemar pour de bon. Il existe beaucoup plus de ressources professionnelles abordables qu’on ne le croit : informez-vous, évitez de vous réveiller aux côtés de Raël.

Cesser de consulter son fil d’actualité Facebook :

La difficulté de ce choix n’a d’égal que son pouvoir salutaire. J’ai personnellement copié l’adresse web de la page de mes messages (sur un message choisi au hasard) et je l’ai incluse dans mes favoris. Donc quand je consulte le site-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, je tombe directement sur mes messages sans passer par le fil d’actu-beaucoup-trop-le-fun-alités. Les plus rebel(le)s pourront choisir de « poster » des photos d’eux(elles) sur le divan en train de regarder des séries, à la clinique en train d’attendre ou même dans leur lit avec le statut « cinq jours consécutifs : je vais bientôt battre John et Yoko». Ou pourquoi pas un fil Twitter sur ses non-activités? Ça a clairement déjà été fait… par Paris Hilton entre autres.

Manger simple, mais manger santé :

Le jour vient où nos parents ne cuisinent plus pour nous. C’est malheureusement le plus souvent après ce jour que nous faisons un burnout (y aurait-il un lien?). Mais comment cuisiner quand on peut à peine marcher? Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul(e). C’est le moment de vivre une, ou plusieurs, journées dans la peau d’une personne (très) âgée. Il est possible de faire son épicerie en ligne ou même une commande par téléphone dans certaines épiceries. Vous craignez de ne pas avoir de bons services? Imitez une voix de personne âgée. La personne qui prend votre commande au téléphone ne sera sans doute pas la même que celle qui la livrera et votre secret sera sauf. Maintenant, c’est l’heure de la cuisine. Pas besoin de se préparer des mets exotiques pour bien manger. Évitez de consulter des recettes sur internet et évitez surtout les vidéos de Ricardo : il est beaucoup trop motivé, cela risquerait de vous déprimer encore plus. Non, faites un retour aux bases : céréales santé, pâtes et fromage, jus de fruits et de légumes (aucun coupage ou épluchage requis), poulet déjà cuit, yogourt, etc. Il faut minimiser les plats préparés, c’est plein de sodium, faible et nutriments, et surtout, ça rappelle les lunchs de semaines folles au travail, donc à éviter.

Se faire accompagner à la clinique médicale :

Je suis allée à la clinique sans rendez-vous en hiver, dans les pires moments de ma fatigue. Contente de pouvoir utiliser « patient en ligne » et me faire notifier de mon passage par texto, je retourne chez moi m’allonger. Je reçois un message à chaque cinq patients et l’intervalle entre les alertes est plutôt long. Toutefois, les 3 derniers patients avant moi passent en quelques secondes et je me retrouve à courir (ou plutôt tituber les jambes raides puisque j’ai mal et je ne peux pas courir) vers la clinique en essayant de ne pas glisser sur les trottoirs. Se faire accompagner à la clinique est beaucoup plus agréable et beaucoup moins risqué. De plus, on est assuré d’avoir quelqu’un qui se souvient de notre nom si on est trop fatigué pour s’en rappeler.

Tenir nos proches informés régulièrement de notre situation de santé et de notre position géographique approximative :

Un jour, alors que mon téléphone était tout bonnement déchargé, mes parents ont tenté de me joindre. C’était une semaine de fatigue désespérée et mes parents le savaient. Ils ont donc contacté ma sœur et deux de mes amies, semant l’inquiétude générale afin de savoir où j’étais. Après bien des tracas et des appels sans réponse, j’ai rejoint mes parents. J’ai rassuré ma mère en lui disant que si je me suicidais, c’est sûr que je laisserais une note explicative. Malgré mon sourire taquin, elle n’a pas semblé apprécier cette touche d’humour noir.

Garder contact avec ses ami(e)s :

Oui, ses ami(e)s, les vrai(e)s, ceux et celles qui ne nous jugent pas et surtout, ceux et celles qui font des activités auxquelles nous pouvons nous joindre sans nous épuiser. Ceux avec qui on peut rire en pleurant et s’amuser même si on a mal partout. Voici quelques idées d’activités entre amis qui ne nécessitent pas trop d’énergie : boire le thé, jaser, se peindre les ongles, dormir (vous seriez surpris à quel point vos amis sont aussi en manque de sommeil et apprécieront cette activité), manger du take-out, dessiner, flatter un chat.

Se créer des favoris « divertissement » :

Parce qu’immanquablement on va aller sur internet, aussi bien se diriger directement sur les sites drôles ou apaisants et non une énième page d’histoire d’horreur de la dame qui a vécu 14 ans avec la fatigue chronique. J’ai d’ailleurs lu beaucoup d’histoires de gens dans cette situation qui s’en sont tout de même sortis alors il n’y a vraiment rien à craindre pour vous.

Avoir un salon avec baie vitrée, un divan ultra confortable, un écran géant et un feu de foyer avec une peau d’ours sur laquelle s’étendre.

Sans blague, il y a moyen de s’installer un coin douillet sans trop de moyens. Personnellement, je prône le passage du lit au divan pour toute activité autre que le sommeil. Passer sa journée au lit pour autre chose que le sexe, le sommeil ou les protestations non violentes, c’est déprimant.

Allez-y, n’attendez pas d’être mieux pour vous faire du bien!

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4 réflexions sur “Trucs et astuces pour bien vivre son burnout

  1. Andréanne dit :

    C’est très bon! Tu pourrais probablement être en lien avec une intervenante qui pourrait se servir de cet outil avec les personnes qu’elle accompagne…. Je sais que ce n’est pas l’objectif mais c’est juste pour te décrire à quel point je trouve cela pertinent… bon c’est je n’ai pas une expérience d’intervenante…. Tu m’as fait rire moi aussi 🙂

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  2. Jérémy dit :

    Bonjour, merci pour ces astuces. Ayant traversé un burn-out je me permet de conseiller également la méditation comme outil pour reprendre du poil de la bête. La pleine conscience m’a beaucoup aidée pour me remettre en mouvement et quitter le mode métro-boulot-dodo en faisant des choix de vie plus cohérent avec ce que je suis. Alors si ce commentaire peu aider quelqu’un d’autre, tant mieux.

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